Et maintenant, un petit instant de littérature, avec les recueils de nouvelles « Le Masque de Cthulhu » écrit par H.P Lovecraft, et « Légendes du mythe de Cthulhu ».

    Depuis des millénaires, bien avant que l'homme ait pour la première fois foulé la Terre, les Grand Anciens, créatures maléfiques défiant l'imagination et l'entendement, ont été enfermés en divers lieux de l'Univers par les Ainés. Mais, au fil des âges, dormant des des lieux obscurs et secrets, les Grand Anciens complotent leur retour, aidés par des êtres malfaisants et des adorateurs pervers. Seuls quelques recueils gardent encore la trace de ces êtres démentiels, dont le Necronomicon, ouvrage rare d'un poète arabe fou.
    Le Masque de Cthulhu contient les nouvelles « Le Retour d'Hastur », « Les engoulevents de la colline », « Quelque chose en bois », « Le Pacte des Sandwin », « La Maison dans la vallée », et « Le Sceau de R'lyeh », toutes de H.P Lovecraft.
    Légendes du mythe de Cthulhu contient les nouvelles « L'appel de Cthulhu » de H.P. Lovecraft, « Talion » et « Ubbo-Sathla » de Clark Ashton Smith, « La Pierre noire » de Robert E. Howard, « Les chiens de Tindalos » et « Les mangeuses d'espace »  de Frank Belknap Long, et « L'Habitant de l'Ombre » de August Derleth.

    Le mythe de Chtulhu, comme a été appelé ce foisonnement d'écrits autour des Grands Anciens, est la pièce maîtresse de H.P. Lovecraft, célèbre à un tel point qu'il n'en est pas l'unique auteur, comme en atteste le second recueil de nouvelles. Sombre, sordide, mais faisant pourtant plus dans la suggestion que dans l'exposition, assourdissant le lecteur de menaces invisibles et contre lesquelles nous n'avons aucun recours, ces nouvelles nous plongent dans un univers sans grand espoir, où l'homme n'est rien qu'un jouet entre les mains de puissantes qui le dépasse.
    Malgré la répétition de mots fétiches (je n'ai pas compté le nombre de fois que le mot « cyclopéen » a été utilisé, mais je peux le qualifier de « trop ») le style est riche en vocabulaire, et bien maitrisé, à la fois pour l'écrivain et pour le traducteur que j'ai eu sous les yeux. La forme n'a pas à pâlir.
    Quant au fond, il ne se porte pas sans quelques défauts. Dans le masque de Cthulhu, hélas, les nouvelles semblent se répéter (une maison, une disparition, …) , défaut moins apparent dans le second recueil. Malgré tout, cette impression de ressassement vient épuiser quelque peu le lecteur. A cela vient se rajouter le racisme bien connu de Lovecraft, peignant tout les personnages non-WASP de manière négative, voire insultante, ce qui vient dénaturer la crédibilité de son univers : en un sens, caricaturer des personnages humains vient affaiblir le « réalisme » des créatures fantastiques.
    Toutefois, l'ensemble étant bien maitrisé, on peut se plonger aisément dans les sombres péripéties des personnages ballotés par des situations qui les dépassent, et espérer, avec un frisson en lisant ses lignes, que cela n'est bien qu'une fiction.