Et maintenant, un petit instant de cinéma, avec le film « Norway of Life » (« Den Brysomme Mannen » en version originale norvégienne), réalisé en 2006 par Jens Lien, selon un scénario de Per Schaanning.

    Andreas arrive en bus dans une région désertique où seul siège une station service. Grâce à la voiture que lui donnera le pompiste, il arrivera jusqu'à la ville où l'attend son nouvel emploi en tant que comptable. Rapidement, il se rend compte qu'il se retrouve dans un univers où tout est fade, du décor aux activités en passant par les personnalités de ceux qui l'entourent.
    Il finit par entendre quelqu'un d'autre s'en plaindre, et suivra cet homme jusqu'à un immeuble d'où émane une musique envoûtante, unique chose ayant de la saveur dans cette ville. Essayant d'abord de s'adapter à cette nouvelle vie, il finira par abandonner et à s'intéresser de plus près à cette musique.

    Le cinéma norvégien est quasiment inexistant dans le cinéma mondial, et, si tout leurs films étaient de la qualité de celui-ci, cela serait fort dommage. Agrémenté d'un décor fouillé et recherché pour donner une impression de vide et de stérilité, les jeux d'acteurs sont bons, ainsi que la mise en scène et le script (pour ce que j'en sais d'après les sous-titres). Au niveau de la technique, il n'y a rien à redire à ce film.
    Le fond n'a pas à en pâlir pour autant. Le scénario poussé, fait tout en non-dit (ce qui ne rend pas vraiment l'oeuvre très accessible, il ne faut pas la regarder d'un oeil distrait) est un excellent squelette à cette heure et demie, empli d'un mystère sans réponse et d'une critique silencieuse de notre société. L'action est lente, les dialogues peu présents bien que bien écrits, pour un renforcement de cette vacuité, et malgré cela, on reste plongé dans l'intrigue, hypnotisé par des personnages tenant plus du pantin que de l'humain, accroché par cet étrange humour noir dont se teinte certains passages. Un petit bijou.