Et maintenant, un petit instant de cinéma, avec le film « Limitless » réalisé en 2011 par Neil Burger, selon un scénario de Leslie Dixon, adapté du roman « The Dark Fields » d'Alan Glynn.

    Eddie Mora est un écrivain raté. Raté dans sa vie professionnelle et raté dans sa vie sentimentale. Peinant à écrire son premier roman, il vit au crochet de sa petite amie jusqu'à ce que celle-ci décide de le quitter. Tout va mal. Jusqu'au jour où il rencontre Vernon, son ex-beau-frère et, selon ses dires, ex-dealer. Il explique à l'écrivain qu'il travaille pour une entreprise pharmaceutique ayant mis au point un nouveau produit, le MZT-48, qui n'est pas encore sur le marché. Vernon lui en propose même une dose, gratuitement. Eddie doute de la franchise de Vernon, hésite à prendre le comprimé, mais se décide finalement à l'avaler. Une expérience inoubliable commence alors.
    Les capacités cognitives décuplées en même temps que sa motivation, l'écrivain remet en ordre le capharnaüm de son appartement, et écrit sans la moindre difficulté une centaine de pages dont la qualité convaincra aussitôt son éditrice.
    Impressionné par la capacité de ce produit, Eddie retourne voir Vernon, mais il le retrouve assassiné dans son appartement saccagé. L'écrivain appelle la police et trouve une importante réserve de MZT-48 avant l'arrivée de celle-ci. Une nouvelle vie commence pour lui, pleines de promesses, mais aussi de problèmes.

    Grande découverte à mes yeux, ce film est un petit bijou tant sur la forme que sur le fond. Esthétiquement recherchée, l'oeuvre est belle à voir, mais aussi à entendre, grâce à une musique  entraînante soutenant l'action sans prendre le pas sur elle. Cette dernière est bien au rendez-vous, gardant en haleine les spectateurs, sans pour autant en dégarnir le scénario.
    Car c'est là, à mon avis, la seconde force de ce film. Dense et philosophiquement chargé, il pose des questions que d'autres films ne posent pas, et suit des sentiers que les autres films ne suivent pas. Ici, point de morales usées sur les drogues, ni de situations éculées sur ce thème, on a l'impression de voir un film tout neuf, posant de nouvelles bases pour de nouvelles idées. Entraîné dans le mouvement de notre dynamique héros tout le long de l'oeuvre, nous en ressortons avec une motivation renouvelée, et avec de la matière à réflexion innovante.