Et maintenant, un petit instant de cinéma, avec le film « Hocus Pocus », réalisé en 1993 par Kenny Ortega selon un scénario de David Kirschner et Mick Garris.

    A Salem, il y a 300 ans, les trois sorcières Sanderson furent pendues pour avoir tué des enfants et aspiré leur énergie vitale afin de rester éternellement jeunes. C'est ce que dit la légende. Elle nous prédit aussi le retour des sorcières une nuit de pleine lune, le jour d'Halloween, quand un jeune vierge allumera la bougie à flamme noire qui trône chez elles.
    Max Dennison, jeune californien récemment arrivé en ville (et vierge, cela va de soit), n'y croit pas un instant. C'est pourquoi, le soir d'Halloween, alors qu'il se retrouve dans la maison des Sanderson reconvertie en musée aujourd'hui abandonné, il allume la fameuse bougie, provoquant de ce fait le retour des sorcières.

    Il y a beaucoup de choses à dire sur ce film. Certes, la réalisation est correcte dans l'ensemble, et pourvu d'effets spéciaux convenables pour l'époque, mais c'est tout ce qui le rapproche d'un bon film tel qu'on se l'imagine habituellement. Le scénario fourmille d'incohérences, petites ou grosses, et de clichés dignes des tout premiers appareils photographiques, mais cela, ce n'est pas si grave.
    Non, là où ce film se distingue, c'est sur la régularité des prestations des acteurs, tous unis dans l'excentrique. A des enfants n'ayant aucun talent, doublés par des voix n'ayant aucune conviction, on oppose trois sorcières qui ont su associer travail et loisir. A voir leurs mimiques, leur gestuelle, on comprend qu'elle se sont beaucoup amusées dans l'extravagance de leur rôles, durant le tournage, et qu'elles y étaient probablement encouragées. Sur elles repose tout l'intérêt du film, tout l'attrait qu'il peut avoir, et, pour peu qu'on joue le jeu, elles arrivent, de leurs pitreries, à nous communiquer une partie de cet amusement. C'est un film qui sait ce qu'il est, qui assume ce qu'il est, et qui était destiné à être ce qu'il est. S'il n'entrera pas même dans l'antichambre du panthéon des chefs-d'oeuvre, il pourra au moins se targuer d'avoir atteint ses modestes objectifs.