Et maintenant, un petit instant de littérature, avec les romans « De la Terre à la Lune » et « Autour de la Lune », écrits en 1865 et 1869 par Jules Verne.

    Dans les années 1860, après la fin de la Guerre de Sécession, le Gun Club s’ennuie. Le Gun Club, cette société d'artilleurs, d'ingénieurs et de chimistes, tous de vaillants passionnés de canons, de boulets et de poudres, n'a en effet plus aucun champ de bataille pour expérimenter de nouvelles créations. Jusqu'à ce que son président, Impey Barbicane, lui offre un nouveau défi.
    Appelant à lui tout les membres de son club, il expose sa proposition, qui sera unanimement saluée par tout les hommes présents, et bientôt par le monde entier : il compte envoyer un boulet de canon sur la Lune ! Tout le monde soutient ce projet, le monde entier finance l'expérience. Seul un opposant, le capitaine Nicholl, depuis longtemps rival du président Barbicane, s'ingéniera à la contester.
    Les têtes refroidies, trois réunions mettent au point la partie théorique de l'expérience. Mais alors que les préparatifs commencent, le président Barbicane reçoit le télégramme d'un Français, Michel Ardan. Celui-ci veut partir à l'intérieur du boulet, et aller explorer à pied le satellite de la Terre.

    Cette dilogie, oeuvre parmi les plus connues de Jules Verne, peut paraître surprenante au lecteur. A la rigueur scientifique de l'écrivain s'oppose en même temps des personnages hauts en couleurs, parfois à la limite de la caricature, et les failles des connaissances de l'époque, faisant aujourd'hui de cet ouvrage, autrefois strictement réaliste, parent de la hard SF, une histoire pouvant à certain moment paraître ingénue. Il n'est pas donné à tout le monde de survivre à l'intérieur d'un boulet de canon projeté d'un seul coup à 11 kilomètres par seconde.
    Mais malgré les erreurs scientifiques que l'écrivain ne pouvait guère éviter, le livre peut toujours être lu. Mieux, il reste passionnant. Tandis que, souvent, les oeuvres de cette époque nous paraissent à nous, hommes du 20ème siècle friands d'action, indigestes de descriptions et d'affectation, Jules Verne reste accessible dans cette dilogie. Un style simple n'empêchant pas l'emphase, c'est dans une aventure riche en rebondissements qu'il nous entraîne à chaque page, dans une épopée capable d'insuffler de la poésie dans les faits scientifiques énoncés. L'âge de l'ouvrage n'est pas une excuse pour le garder fermé.