Et maintenant, un petit instant de cinéma, avec le film d'animation « Gandahar », réalisé en 1988 par René Laloux, selon un scénario de Raphael Cluzel et René Laloux, d'après le roman « Les hommes-machines contre Gandahar » de Jean-Pierre Andrevon.

    A Gandahar, les jours s'écoulent, paisibles. Les humains, doués d'un grand savoir-faire en génétique, ont modifié toutes des espèces animales et végétales pour leur confort, et ne pâtissent d'aucun ennemi, d'aucun prédateur, d'aucune menace. Jusqu'au jour où une étrange force commence à attaquer les villages frontaliers, une force armée dont rien n'est connue.
    La reine Ambisextra et le Conseil Féminin, représentants politiques de Gandahar, décident de dépêcher Sylvain, un servant jeune et inexpérimenté, mais très prometteur. Sa mission: en apprendre plus sur cette menace, ce qu'elle veut, ce dont elle est capable, et surtout, comment l'arrêter.

    Il m'est difficile de juger de la qualité dont pouvait faire preuve cette oeuvre au moment de sa sortie, mais de nos jours, elle a subit les dégâts du temps. L'animation manque de fluidité, les décors sont souvent vides, les dessins parfois simples. Dans l'ensemble, le graphisme même du film est assez médiocre.
    C'est donc au niveau de l'univers développé qu'il se redresse. Malgré une intrigue quelque peu linéaire, nous voyons du pays avec notre héros, et découvrons dans une atmosphère oscillant entre l'idyllique et l'oppressant un monde mélangeant le kitsch et la poésie, le cliché et la créativité. Bien que là aussi, le temps a su laisser sa marque, il est indéniable qu'un certain charme s'opère. Les thèmes abordés sont fréquents à présent, voire d'actualité, mais ils sont traités sous un jour qui, même aujourd'hui, se révèle peu exploité. Ce n'est pas un grand chef-d'oeuvre, mais cela reste tout de même une oeuvre possédant sa personnalité et son intérêt.