Et maintenant, un petit instant de cinéma avec le film « The Mask » réalisé en 1994 par Chuck Russell, selon un scénario de Michael Fallon, Mark Verheiden et Mike Werb, inspiré de la série de comics éponyme réalisée par Mike Richardson, Randy Stradley, Mike Badger, John Arcudi et Doug Mahnke.

     Stanley Ipkiss, employé de banque, fan des cartoons de Tex Avery, timide et solitaire malgré lui, endure une vie peu envieuse. Une nuit, alors qu'il est invité au tout nouveau cabaret de la ville, le Coco Bongo, il est jeté par le videur, humilié devant la star du cabaret, Tina Carlyle, dont il est tombé amoureux, et coincé au beau milieu d'un pont à cause d'une panne de sa voiture de location, il repêche à l'eau un vieux masque qu'il a prit pour le visage d'un homme qui se noie.
    Rapidement, il se rend compte que ce masque possède des pouvoirs extraordinaires : quand il le porte à son visage, il se transforme en un être presque omnipotent, complètement désinhibé et totalement excentrique : le Masque. Pour séduire la belle Tina, il cambriole alors une banque et se rend au Coco Bongo, attirant alors sur lui l'attention de l'inspecteur Kellaway et du mafieux Dorian Tyrell.

    Grand succès des années 90, The Mask peut être divisé en deux parties qui alternent l'une avec l'autre tout au long du film : la première partie est une histoire de romance et de mafieux totalement insipide, la seconde est constituée des apparitions comique du Masque qui en vérité la seule chose qu'on attend pendant toute l'heure et demi. Inspirée d'une série de comics, l'adaptation cinématographique s'en distingue en remplaçant l'ambiance sombre de la bande dessinée par de l'humour, et la violence du personnage au visage vert par de l'espièglerie.
    Ce n'est donc pas l'intrigue, classique et bourrée de clichés, qui est ici intéressante, mais les apparitions fort sympathiques du Masque, apparitions soutenues par des effets spéciaux encore corrects de nos jours. L'humour est présent dans ses scènes (et uniquement celles-là) et est efficace pour peu qu'on sache apprécier le style burlesque des cartoons.
    Le film est toutefois loin d'être sans défaut. Parmi eux, le scénario a déjà été cité, mais s'y trouvent aussi des décors peu travaillés, des seconds rôles sans intérêt ni saveur, et des incohérences assez nombreuses : la plus grosse à mon avis, et touchant directement l'intrigue, est le cambriolage de la banque par le Masque pour se procurer de l'argent, alors qu'il est capable, dans le film, de sortir absolument n'importe quoi de ses poches.
    En somme, si vous êtes capable de passer outre ces détails et d'endurer la première partie citée plus haut, vous pourriez apprécier la moitié du film constituée des pitreries du personnage principal. Mais vous pourriez aussi directement regarder des cartoons de Tex Avery pour un bien meilleur résultat.