Et maintenant, un petit instant de cinéma avec le film « The Devil's Reject » réalisé en 2005 par Rob Zombie, selon son propre scénario.

   Fin des années 1980. La région subit depuis longtemps une vague de meurtres abominables, l'oeuvre d'une famille de psychopathes vivant dans une ferme isolée. Le shérif John Quincy Wydell tente enfin d'y mettre un terme, en lançant une offensive musclée sur la maison. On déplore des pertes du côté de la police, mais un membre de la famille est abattu, et la mère Firefly est arrêté. Les deux derniers, Otis et Baby ont parvenu à s'échapper.
   Rapidement, les deux fugitifs préviennent par téléphone leur père, le Captain Spaulding, et celui-ci leur ordonne de se replier au lieu prévu et de l'y retrouver. Commence alors la traque, et elle sera sanglante.

   Amateurs de l'Amérique profonde, de rednecks, et de tueurs en série, ce film est fait pour vous ! Dans tout les domaines, il se montre raffiné dans le cradingue : décors et personnages crasseux tant dans le physique que dans le mental, ambiances malsaines, dialogues orduriers, scènes de meurtres sanguinolents et de sexe épuré de toute sensualité, ce n'est pas un film qui veut faire peur (en cela, je ne le considérerais pas comme un film d'horreur malgré le mot-clef associé), c'est un film qui veut écoeurer. Même si d'autres films poussent bien plus loin le malaise, il sait le maintenir en mélangeant le macabre avec quelques touches d'humour noir et un soupçon des codes du road movie.
   The Devil's Reject est une oeuvre qui sait être belle dans le « laid ». Elle dépeint avec talent une caricature sordide (en tout cas, je l'espère) de l'arrière-pays du sud des Etats-Unis, et les psychés malades de personnages dont pas un seul ne rattrape les autres. Soutenu par une photographie efficace et un montage assez original et dynamique, le scénario est simple, mais centré sur l'idée intéressante de faire des prédateurs habituels les proies de l'histoire. Au final, on finit presque à s'attacher à cette famille de détraqués, malgré leur quotidien... peu banal. Belle pièce de perversité, qui se conclut sur une scène faisant un mélange étrange de justice et d'héroïsme.