Et maintenant, un petit instant de cinéma, avec le film « Alice au pays des merveilles » réalisé en 2010 par Tim Burton, selon un scénario de Linda Woolverton, inspiré du conte « Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles » de Lewis Carroll.

    Alice Kingsley, jeune londonienne de 6 ans, fait des cauchemars emplis de lapins vêtus de gilets, de chats souriants et de chenilles bleues. 13 ans plus tard (eh oui, le temps passe vite) durant une réception mondaine où elle peut observer toute la rigidité de la bienséance londonienne et l'hypocrisie qui se cache derrière, elle est demandée en mariage par un lord antipathique et poussée par toute sa famille à dire oui.
    Mais c'était sans compter cet étrange lapin blanc qui lui fait signe de la suivre. Trouvant là la raison idéale pour fuir ces mondanités qu'elle exècre, elle repousse cette demande, et part à la poursuite du lapin. Quand elle arrive à un arbre mort, au pied duquel s'ouvre un trou profond, elle se penche par-dessus celui-ci et tombe dedans. Après une chute mouvementée entourée d'une foule d'objets n'ayant rien à faire dans une telle cavité, elle finit par atterrir dans une pièce aux nombreuses portes. Elle est arrivée au Pays des Merveilles.

    Ma première et dernière lecture du conte de Lewis Carroll remonte à bien longtemps, mais je me souviens qu'il y décrivait un monde dénué de logique et parfois assez inquiétant. Si l'adaptation de Disney de 1951 avait relativement conservé cette folie omniprésente et atténué l'aspect menaçant, cette adaptation de 2010 fait l'inverse : elle sait par moment montrer des scènes menaçantes, mais perd une partie de l'incohérence qui faisait le charme du livre. En effet, le Pays des Merveilles s'articule, dans ce film, autour d'une intrigue logique de conflit des pouvoirs entre deux prétendantes au trône, dans laquelle se retrouve plongée Alice, héroïne qui devra accepter son destin tout tracé pour sauver ce monde de la maléfique Reine de Cœur.
    Remplacer l'objectif de s'échapper d'un monde totalement dénué de sens par l'objectif tout à fait banal d'accepter son rôle et de triompher du Mal au nom du Bien était un choix. Un choix malencontreux à mon avis. Heureusement, Tim Burton est là et malgré une trame gâchant un peu beaucoup l’œuvre originale, il nous propose un spectacle qui, si ses bases sont vues et revues, sait se montrer attrayant grâce à la patte si particulière de ce réalisateur et à une belle performance du studio des effets spéciaux. Il faut néanmoins regretter cette absence totale de créativité dans le scénario, et par extension, dans ses personnages (aaah, la mode des bestioles minuscules armées de rapières...). En définitive, il peut s'avérer distrayant (en tout cas avec une bonne bouteille de cidre), mais ce n'est certainement pas le meilleur Tim Burton.