Je vais conter la grande histoire
D'un bel ami au bon cœur pur.
Prêtez l'oreille, et l'écritoire,
La croire il faut, je vous l'assure.

Ce preux héros, ce paladin,
Qui n'avait pas la moindre épée,
Chevauchait fier, fieffé gredin,
Il se battait pour toute paix.

Bletten Bratugada fut son nom,
L'Yksyr son cabanon.

Il a vu la Lumière,
Juste au coin d'une page.
Il l'a vue pure et fière,
Sage comme une image.

Le soir venu, il s'en allait,
Un bon méfait fut accompli :
Il libéra, dans le chalet
D'un gros seigneur, quelques replis.

Il a offert, faisant ainsi,
La page entière, à un mendiant.
C'est la fortune, il dit merci
A son héros, en s'enfuyant.

Bletten Bratugada fut son nom,
L'Yksyr son cabanon.

Il a vu la Lumière,
Juste au coin d'une page.
Il l'a vue pure et fière,
Sage comme une image.

C'est ce jour-là, après la fuite,
Quand enfin il se réfugia
Au cabanon qui fut son gite,
Que la vision le stupéfia,

Et son savoir put enfin naître,
Il s'imprima dans sa mémoire :
Sa page ouverte, il put voir l'Être,
Un enfant qui lisait l'histoire.

Bletten Bratugada fut son nom,
L'Yksyr son cabanon.

Il a vu la Lumière,
Juste au coin d'une page.
Il l'a vue pure et fière,
Sage comme une image.

Il a vu la Lumière,
Et l'enfant qui y vit.
Il l'a vue pure et fière,
Son savoir assouvi.

« Voilà, j'ai lu ton histoire,
Et tu connais la vérité.
Preux paladin, comment va tu lutter ?

« Jamais je ne lutterai, ô ma mémoire. »
« Oui, pas de lutte, aucune, sache et sois-en fier. »
« J'ai vu la Lumière ! »

Il a vu la Lumière,
Et l'enfant qui y vit.
Il l'a vue pure et fière,
Son savoir assouvi.