Non, marcher, c'est pas dur,
Tu sauras, tu verras,
Tu auras le pas sûr,
Des hourras.

Tu pourras gambader,
Dans les prés, dans les bois,
Et courir, décidé,
C'est la loi.

Tu sentiras le vent
Chatouiller tous tes poils,
Et le frais en buvant
Sous l'étoile,

Et la force en tes jambes,
Si fin' et si gracieuses,
Qu'j'ai sortie dans un ambe,
Bien heureuse.

Je voudrais bien te dire
Que j't'ai fait ces guibolles
Pour êtr' beau, pour en rire.
Mais ce serait mentir,
Car déjà se gondole
L'estomac des létaux.
Tu le sauras bientôt...

Non, ouvrir tes p'tits yeux
Sur le monde et la vie,
En faisant des envieux
Ébahis,

Ouvrir grand tes oreilles
Pour écouter la pluie,
Ce tambour qui t'éveille
Dans la nuit,

C'est pas dur, c'est la joie,
Même si, par moments,
Tu t'agrippes à la foi
Fermement.

Tu verras, j'te le dis,
Des décors somptueux,
Des endroits, des lieux-dits
Fabuleux.

Tu trouv'ras, par hasard,
D'la bonté, de l'altruisme,
En fouillant dans l'bazard,
Quand viendront dans l'brouillard
Les volcans, les séismes,
L'enragée météo.
Tu le sauras bientôt...

Non, ressentir ton coeur,
Battre en toi, pour toujours,
Jusqu'à tant qu'un vainqueur
Vient, balourd,

C'est pas rien, c'est cadeau :
Fais-le tien, et surtout,
N'en fait pas un radeau
Fourretout.

C'est ton bien, bien précieux,
Il n'est pas éternel,
Faut l'secouer un p'tit peu
Quand il gèle.

Tous ceux-là y voudront
Prendre place et y vivre,
Mais j'te dis, ils mourront
Dans le livre.

Ils traquent tous les jours
Le savoir à tâtons,
Se vêtissent d'atours.
Quand ils parlent d'amour,
Ils prennent leurs bâtons
Qui crachent des métaux.
Tu le sauras bientôt...