Vois l'Os et l'Ombre et l'impuissant Cadavre,
Venus au loin, visions de Cauchemars :
A l'horizon, le Nécromant nous brave,
Dans l'Hécatombe il vicia nos gaillards.
On lutte encore, on recule, on se traine,
La Mort inonde, au rempart impuissant :
Ainsi triomphe aveuglément ta haine,
Ainsi l'esclandre étouffe dans le sang.

Est-il possible, face à tout ce ravage,
De croire encore avoir notre vie sauve ?
Il est féroce, un vilison en cage,
Il est terrible, effrayant, c'est un fauve.
Espérions-nous, mort le Roi, mort la Reine,
Que leurs guerriers fuiraient au jour naissant ?
Ainsi triomphe aveuglément ta haine,
Ainsi l'esclandre étouffe dans le sang.

La Bête immonde et la Chair pourrissante
Pouvaient pourtant, maintenant qu'on y songe,
Trouver la trêve, le Jour de l'Ascendante ;
Ecoutez l'or, l'acier et le mensonge.
Souvenez-vous, ce fut un an à peine ;
Traité de paix, rédigé et décent.
Ainsi triomphe aveuglément ta haine,
Ainsi l'esclandre étouffe dans le sang.

Ô toi l'Ignoble, Ô toi Vile Eldanen,
Dont pourtant vint obran en rugissant,
Par toi triomphe aveuglément la haine,
Pour toi l'esclandre étouffe dans le sang.