«
Vois la roche, et guide tes bras
Dans la crevasse en rapides.
Que je change, et tu vireras :
J’ordonne, obéis, et tout ira très vite !

Ennemis, gérons malgré tout
Cette vie ensemble à deux :
Je suis stable et doux, suis mon ravin au mieux.

Mais tu te débats ! Toujours tu combats !
Et qu’ai-je pour me défendre ?
Immobile, et patient pour toi,
Pas d’instant pour me détendre...
»
«
C’est terrible, et c’est pourtant vrai,
Ce qui est vrai mon ami,
C’est que toi, tu n’as pas bougé ;
Tu m’as maté, voilà bien ton déni !

Mon ami, que donc feras-tu
Quand mon lit débordera ?
Quand il pleuvra dru, ta roche s’érodera.

Rivière je suis, et mon cours je suis,
En coulant vers mon destin.
Risquant tout, loin de toi je fuis,
Te laissant sur mon chemin.
»